Algériens bloqués à Roissy : Air Algérie devant la justice ce mardi

Le dénouement du bras de fer qui oppose Air Algérie à 27 voyageurs algériens bloqués à l’aéroport de Roissy depuis bientôt un mois pourrait venir de la justice française. Chacune des deux parties campe en effet sur ses positions.

Air Algérie demande aux voyageurs algériens de repartir au Royaume-Uni. La compagnie a proposé de prendre en charge leurs billets d’avion Paris – Londres.

Les voyageurs bloqués veulent rentrer en Algérie. Ils ont tous des motifs « impérieux », affirment-ils, et parmi eux certains ne peuvent pas repartir au Royaume-Uni car ils n’ont pas les papiers.

Face à cette situation de blocage, les voyageurs algériens ont décidé de porter plainte en France via une procédure en référé-liberté, une procédure d’urgence qui permet d’obtenir un jugement dans un délai de 48 heures.

Deux avocats ont été sollicités. Selon le site français Mediapart, l’affaire sera plaidée ce mardi 23 mars devant un tribunal français. Le média français a rencontré Me Alexandre André, l’un des avocats qui va plaider l’affaire pour le compte des voyageurs algériens bloqués.

Pour lui, la compagnie Air Algérie est responsable de cette situation. « Ces personnes, on les a autorisées à embarquer et c’était des billets couplés. C’est-à-dire qu’à l’aéroport de Londres, on leur donnait non seulement le billet pour embarquer à destination de Paris, mais également le billet de Paris vers Alger. Ça relève donc de l’obligation de la compagnie aérienne en question », explique Alexandre André.

Selon l’avocat des voyageurs algériens, Air Algérie aurait dû « les bloquer à Londres » et ne pas les laisser venir à Paris. « Si elle les avait bloqué à Londres, aujourd’hui, ces personnes ne seraient pas dans un tel état », a-t-il ajouté.

L’avocat accuse Air Algérie d’avoir « floué » ses clients. Il affirme que la compagnie aérienne algérienne a vendu les billets des 27 voyageurs bloqués à d’autres personnes. « La réalité est qu’on parle de surbooking, de surbookage. Ces billets ont été vendus à d’autres personnes », explique-t-il.

Alexandre André souligne que d’autres voyageurs ont été autorisés à embarquer vers l’Algérie. « Il y aurait tous les jours 15 à 20 passagers qui embarqueraient vers l’Algérie », a-t-il dit.