Déchéance de la nationalité, la diaspora algérienne en colère

Le projet d’amendement du Code de la nationalité présenté par le ministère de la Justice lors d’une réunion du gouvernement de Abdelaziz Djerad fait réagir les internautes algériens de façon virulente. Ils dénoncent une tentative d’intimider les « Hirakistes » et une menace sur la diaspora algérienne.

En effet, les réseaux sociaux sont absorbés, depuis mercredi 3 mars, par le sujet du jour. La communication de Belkacem Zeghmati relative à l’avant-projet de loi modifiant et complétant l’ordonnance n 70-86 du 15/12/1970 portant Code de la nationalité algérienne ne passe pas auprès des Algériens, qu’ils soient établis à l’étranger ou en Algérie.

Selon l’agence officielle, ce texte prévoit la mise en place d’une procédure de déchéance de la nationalité algérienne acquise ou d’origine qui sera applicable à tout Algérien qui commet, en dehors du territoire national, des actes portant volontairement de graves préjudices aux intérêts de l’Etat ou qui portent atteinte à l’unité nationale. Un texte qui n’a pas tardé à provoquer la colère des internautes algériens qui dénoncent une volonté de faire taire les Algériens établis à l’étranger, particulièrement ceux qui s’impliquent dans le mouvement populaire, enclenché en février 2019.

« La déchéance de la nationalité algérienne, la nouvelle menace du régime algérien contre la diaspora agissante », affirme sur Facebook un ressortissant algérien établi en Allemagne. Pour l’avocate et membre active des collectifs de défense des détenus du Hirak, Aouicha Bekhti, le rejet de cette proposition est tout naturel. « Mon appartenance à la patrie a été arrachée par mes ancêtres et dans le sang, ne touchez pas à mon algérianité ! » a-t-elle asséné dans une publication.

Un autre internaute suggère même l’acharnement du pouvoir algérien sur la diaspora. Notamment en liant cette histoire de déchéance de la nationalité à la fermeture des frontières. De nombreux autres Algériens considèrent cette nouvelle sortie du ministre de la Justice comme une tentative d’intimidation contre les militants et les activistes engagés dans le mouvement populaire.

En outre, de nombreux intervenants n’ont pas manqué de rappeler que le pouvoir n’a jamais inquiété ceux qui ont réellement porté de graves préjudices aux intérêts de l’Etat. Des internautes citent nommément les ex-ministres Chakib Khelil et Abdeslam Bouchouareb. D’autres citent tous les ex-hauts responsables de l’Etat emprisonnés dans des affaires de corruption.